Qui sommes -nous ?

Simon Lalu écrit ses premiers textes en CM2 et n'a jamais laissé reposer sa plume depuis. À 25 ans, diplômé d'une école de cinéma, il se lance dans la réalisation de films institutionnels, mais réalise également des projets plus personnels, à l'image du documentaire « L'épreuve par quatre », où des leaders religieux de différentes confessions sont confrontés à des questions épineuses glanées chez des citoyens lambdas. Simon se tourne ensuite vers l'écriture de biographies familiales, tout en continuant à publier des articles, poésies et nouvelles dans différentes revues spécialisées. En 2023, il crée avec Dimitri Gabou les éditions Trébuchet, qu'il préside toujours aujourd'hui.

Simon Lalu

Style d'écriture

Il est des écritures qui racontent. D’autres qui jugent. Celle de Simon Lalu, elle, ensorcelle. Elle avance masquée sous des dehors de légende rurale ou de confession écorchée, mais elle travaille à un endroit plus profond : explorer la frontière entre mythe et réalité pour révéler leur nature indissociable. Ce qui frappe d’abord, c’est la musicalité. Lalu écrit comme on psalmodie. Les phrases s’enroulent, se répondent, se répètent en variations discrètes. Il affectionne les litanies, les énumérations qui montent en tension, les formules qui reviennent comme des refrains. Le verbe agit. Dans ces textes, on tue en chantant, on entre à reculons dans des failles secrètes pour pénétrer en Envers, on s'abstient d'utiliser sa magie pour permettre à l'équilibre du monde de rester fragile. La parole n’est jamais neutre : elle est performative, presque magique.

Ses œuvres

Auteur singulier et explorateur des frontières entre réalité et imaginaire, Simon Lalu construit une œuvre littéraire qui repense les formes et les fonctions du récit dans notre temps. À la croisée du conte, de la nouvelle et de la fable philosophique, ses livres sont moins des récits linéaires que des espaces de réflexion et de découverte, où chaque lecteur est invité à franchir des seuils et à questionner ses propres certitudes. Dans toutes ses œuvres, on retrouve une constante : le conte n’est pas un simple divertissement, mais un outil de connaissance et de transformation. En effaçant délibérément certaines frontières — entre réel et merveilleux, vérité et illusion, passé et présent — Lalu invite le lecteur à une expérience littéraire où la lecture devient un acte créatif en soi, un mouvement vers une compréhension plus profonde de soi et du monde.

Dimitri Gabou

Né à Nantes en 1973, il griffonne ses premiers dessins à Ancenis et gagne le premier prix d’un concours de bande dessinée organisé par le salon de la B.D de Monfort-sur-Meu en 1984, puis le deuxième prix en 1986. À cette époque, le jeune dessinateur est très prolifique, il sort ses propres B.D en photocopie noir et blanc, et communique par courrier avec ses auteurs préférés comme Franquin ou Rob-Vel, mais surtout Pévé, le dessinateur de La plus mauvaise B.D du monde, avec qui il restera en contact pendant une trentaine d’année. Durant ses années d’études au lycée Guy Mocquet de Chateaubriant, Dimitri poursuit dans la B.D et amuse ses camarades avec Les aventures de l’inspecteur Mochet, et autres facéties, dans Franche Démence,  le journal du Lycée.

Parallèlement, il s’essaye à la peinture, suite à une voyage scolaire en Espagne où il découvre les œuvres des plus fameux peintres espagnols anciens et modernes. Suite à quoi, il expose ses premières œuvres en compagnie du peintre ancenien Génica Cuisnier sur l’île de Versailles à Nantes en 1990. Entre 1991 et 1993, il expose de nombreuses toiles au style pop-surréaliste, teintée d’expressionnisme trash, dans la région d’Ancenis avec ses comparses de l’association Pank’ Art qui avaient imaginé la parenthèse poétique des Arbres bleus à Ancenis. Jeune artiste fou et audacieux, il peint ses amis mais aussi ses idoles qu’il n’hésite pas à rencontrer pour leur offrir leur portrait, comme Marcel Marceau, Iggy Pop et surtout Nino Ferrer qui l’invita dans sa loge pour discuter peinture.

Pourvu d’une production picturale non-négligeable, il est reçu au concours de l’école régionale des Beaux-Arts de Nantes, qui l’intègre sans l’obtention du Baccalauréat (cela ce faisait en 1992). La bande dessinée étant considérée comme un art mineur par ses professeurs, il l’abandonne au profit d’expérimentations graphiques et picturales qui lui serviront des années plus tard pour Les Contes du Bâton. En 1994, il se spécialise dans la vidéo et réalise des films d’études surréalistes et tragi-comique aux multiples influences cinématographiques. La figuration libre tombant en désuétude dans le monde de l’Art et la fiction narrative étant boudée dans l’Art vidéo, Dimitri obtient son DNAP par miracle, grâce à un jury providentiel qui lui attribuera les félicitations. L'année suivante, suite à un conflit l’opposant à certains de ses professeurs au sujet d’une œuvre satirique intitulée La Comédie de l’Art, il rejoint l’option communication où l'équipe pédagogique était plus ouverte sur les projets marginaux. Il marquera ainsi les esprits avec deux happenings artistico-culinaire : Le déjeuner à l’atelier sur l’herbe réalisé avec Luc Monfort dans l’enceinte de l’école, et surtout Drame-Food intra-muros réalisé avec Cédric Tanguy au château d’Oiron en 1998. Il obtient son DNSEP cette année là, de justesse cette fois, le jury n’ayant par supporté l’odeur de la pelouse qu’il avait posée au sol de la salle de présentation.

Sa vie professionnelle fut ponctuée d’une multitude de commandes vidéos de toutes sortes et de petits boulots alimentaires : animateur d’ateliers créatifs et d’éveil musical, professeur des écoles suppléant, graphiste, mais surtout chanteur pianiste intervenant dans différentes structures comme les maisons de retraite, les campings, bars et restaurant. De 1996 aux années 2020, il fut réalisateur ou régisseur vidéo pour divers organismes et compagnies de Théâtre. Il reçoit en 2002 une bourse d’aide de la D.R.A.C de Nantes pour développer ses projets artistiques personnels, notamment une œuvre audiovisuelle axée sur un alter-égo chimérique : LAPINU, barde thérianthrope inspiré des faunes de la mythologie, des monstres de foire, des personnages de B.D et du cinéma fantastique. Ce personnage atypique a produit sept albums musicaux à ce jour, sortis et diffusés par les soins de deux labels américains : LBA records division de Nessel music, et DEJA-VU record company, label de son ami et mentor l’artiste protéiforme : Verne Langdon.

En 2023, il fonde les Éditions Trébuchet avec son comparse Simon Lalu et renoue avec l’illustration et la B.D, tout en poursuivant ses créations audiovisuelles.

Hugues Picherit

Né en 1966 à Nantes, vit et travaille à Guéméné-Penfao -44-

Dans ses jeunes années, Hugues Picherit suit un parcours artistique entre création de décors pour le théâtre, réalisation de courts métrages et sculpture sur tuffeau. Il a créé de nombreuses fresques, notamment au Comptoir du Port au vin et au bar La Perle à Nantes, pendant le festival les Sarabandes ainsi qu’au bar Le Tempo à Guémené Penfao où il réside. Expositions collectives et parcours singulier l’amènent à exposer ses peintures et dessins dans des lieux et festivals en Europe : le Hang-Art à Saffré, Singulièrement Vôtre à Montpellier, Biz’art Festival en Belgique … Il collabore avec différents magazines dont Hey ! Modern Art & Pop culture, référence dans l’art outsider international. Son style : un mélange d’expressionisme allemand, de dadaïsme , de symbolisme et de BD trash.

La recette :

Dans une grande marmite : Faire revenir un gros morceau de symbolisme

Faire brunir deux généreux cubes d’expressionnisme allemand : un cube de Grosz, un autre d’Otto Dix

Ajouter un gras de Balthus et de Fernand Léger. Quand le tout est saisi, retirer et mettre de côté.

Préparer un fond de sauce : une larme de dadaïsme, un crachat d’anarchiste, un glaviot de colère et un autre d’altruisme pour équilibrer.

Remettre les morceaux et laisser mijoter 30 ans. Avant de servir, saupoudrer d’un pet de rêverie, de poésie et d’humour (même noir).

Possiblement : agrémenter de dessins paniques ; du Topor fera très bien l’affaire.

Secouer énergiquement Servir bien frais l’été et bien chaud l’hiver.

source : Le Hang-Art, Un espace d'exposition dédié à l'Art Singulier

Sylvie Trichereau

Sylvie Trichereau, artiste peintre, a commencé sa carrière par peindre des paysages de Bretagne et d’Irlande. Ils étaient toujours sobres, déserts, sous ciels d’orage dans des tons gris ou bleu de Prusse. Le naufrage de l’Amoco Cadix en a décide autrement. Sylvie fut attirée par ces mastodontes de fer aux coques si riches en hiéroglyphes et qui racontaient tant d’histoires.

Elle quitte ainsi le figuratif traditionnel pour s’approcher en gros plan des matières. Elle explique : « Je cherchais à faire quelque chose de plus fort… je me suis approchée en gros plan de ces murs, ces coques, et je suis arrivée tout simplement aux cargos parce que leurs couleurs me plaisaient. »

Elle développe une technique unique mêlant sable du monde entier, brique écrasée, carton, aluminium, couches successives d’huile ou d’acrylique, écriture effacée, humour discret et abstraction narrative. Ses toiles deviennent des fragments de voyages, des « tranches de coque », où la matière raconte ce que le cargo a vécu.

Pendant vingt ans, Sylvie a sillonné le monde pour « chasser » les cargos et s’en inspirer, exposant en France, à Séville, à New York (2001 et 2003), et accumulant de nombreuses récompenses. Mais peu à peu, le cycle s’est refermé, laissant place à l’envie d’autre chose.

Les cargos, qui avaient longtemps été son horizon, devenaient des silhouettes lointaines, comme si une page se tournait d’elle-même. C’est en résidant quelques temps au plus proche du Cours Cambronne à Nantes qu’elle tombe sous le charme de ce square et décide de revenir à ses premières amours : le dessin, la narration, l’onirisme.

Dans Les Taraxacum du Cours Cambronne, Sylvie Trichereau transforme le célèbre square nantais en un théâtre de poésie et de mystère. Au fil de ses promenades, l’artiste découvre un monde parallèle, discret mais vibrant, où les pissenlits (les taraxacum) deviennent des êtres souffleurs d’histoires, des passeurs entre le visible et l’invisible. Le Cours Cambronne, lieu historique et urbain, devient un espace d’enchantement, un refuge pour les rêveurs, un territoire où l’imaginaire s’enracine, et pour Sylvie, les pages d’un livre où s’animent une farandole de personnages aux lignes gracieuses et aux couleurs délicates.

Loxias

En grec ancien, Loxias signifie « l'oblique » ou « l'ambigu ». On donnait autrefois ce surnom à Apollon en référence au caractère sibyllin des oracles délivrés par ses prêtresses. Aujourd'hui, c'est le nom de plume d'un poète-magicien « ayant trouvé le moyen de passer d'un endroit à son envers à volonté. Cette aptitude singulière lui permet de considérer le monde avec un regard double et d'offrir une représentation plus nette de la réalité en y intégrant justement ses aspects les plus flous. » (Garance Lautier, Correspondance liminale).

Cultivant la discrétion, et jusqu'à l'art de la disparition, un seul recueil de ses textes nous est parvenu. Les rares personnes qui l'ont évoqué parlent d'un « homme sans âge, 17 ans ou peut-être 58 ans » (Martha Duval, Souvenirs à l'Ouest), « courtois mais distant, instable jusque dans son apparence, toujours plus ou moins mouvantes selon ses émotions. » (Yann Paolig, Interviewé sur Radio Neptune). Les éditions Trébuchet sont particulièrement honorées qu'un auteur aussi mystérieux ait choisi d'être publié par leur maison.

Carte ancienne des constellations